Gymnastes à plein temps
- Karine Ulcoq

- 17 août 2022
- 2 min de lecture
Être maman et travailler à plein temps est souvent perçu comme incompatible.
Pourquoi ?
Est-ce la quantité de temps que nous passons auprès de nos enfants qui détermine la qualité du lien que l’on construit ? Est-ce notre présence physique qui détermine le niveau de leur bien-être ?
Cela pèse son poids dans la balance, c’est indéniable. Mais ces paramètres ne sont pas les seuls à rentrer en jeu quand il s’agit d’accompagner nos enfants au quotidien.
Certes, être mère au foyer en ces temps modernes et difficiles reste une chance extraordinaire. Mais être mère, c’est aussi et surtout déjà un travail à temps plein qui ne s’arrête pas, même … au travail. C’est jongler entre mille activités mentales (et physiques) qui se chevauchent sans cesse, ne laissant aucun répit à nos cerveaux déjà bien remplis.
Être mère au boulot c’est s’assurer que les repas sont prêts chaque matin et chaque soir, que les courses sont faites, que les gouters sont préparés, que les mouvements d’école ou des activités sont organisés, que rien ne manque, que les imprévus sont gérés à distance.
C’est prendre le téléphone entre deux réunions pour répondre à son fils que oui, il peut manger les biscuits à la fraise qui sont dans le placard ou demander à son ainé d’arrêter d’embêter son petit frère.
Oui, lorsque nous ne sommes pas avec eux physiquement, ils ne s’effacent pas de nos pensées. On connait leur rythme, on sait où ils en sont dans leur journée, si c’est l’heure de la sieste, du déjeuner, du gouter ou des jeux.
C’est rentrer le soir et penser déjà à demain mais ne pas oublier maintenant. Car maintenant, ce sont des enfants qui ont des histoires à raconter, des demandes infinies, des émotions à lâcher et à contenir. C’est ramasser les nôtres, les remettre à plus tard, les différer malgré la difficulté des journées que l’on vit parfois.
S’ajoute à cela la culpabilité que portent lourdement ces mères qui travaillent. On l’évoque moins mais elle reste omniprésente, comme une seconde peau dont on ne peut se défaire, comme une question qui tourne en boucle dans nos têtes : « Notre absence durant la journée (ou la soirée pour certaines mamans) fait-elle de nous des mauvaises mères ? »
La réponse est non. Certainement pas.
Elle fait de nous des gymnastes, des équilibristes, des fées, des magiciennes, des athlètes, des sprinteuses, des coureuses de fond et parfois tout ça en même temps !
Bien sûr qu’ils auraient préféré nous avoir auprès d’eux du matin jusqu’au soir, mais le plus important c’est d’être là, disponibles, présentes, l’oreille attentive et les bras ouverts lorsque nous revenons. C’est de ne jamais les quitter lorsque nous partons. C’est être à 100% même 30% du temps.
Être mère, c’est être mère tout le temps, partout, à chaque instant, qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il neige, au bureau, à la maison, peu importe.
Reste une question en suspens, rarement posée :
« Et vous messieurs, c’est quoi votre sport préféré ? »

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